12 astuces pour occuper un herpétologue l’hiver

A partir de la fin octobre, l’herpétologue, aussi chevronné soit-il, peut difficilement se rendre sur le terrain pour observer ses rampants préférés. Certes, il est temps de sortir le téléobjectif et d’aller prendre quelques photos de piafs, les hivernants ayant débarqués pour la plupart. Mais, pour le puriste, que dis-je, l’intégriste de l’herpétologie, que faire de cette période peu propice aux reptiles et amphibiens.

En manque de terrain ? Herpetofocus vous donne 12 astuces pour occuper l’herpétologue en hiver.

N°1 Traiter et organiser sa photothèque

C’est tout bête, mais au cours de l’année on accumule les sorties et les clichés. Parfois par manque de temps, on ne traite pas tout de suite ses photos. Résultat, on se retrouve avec un paquet de photos non valorisées, un peu perdu au milieu de la photothèque. Les longues soirées d’hiver vous permettront de vous remettre le nez dedans et peut être de sortir quelques perles.

Traiter ses photos avec Lightroom

En terme d’organisation de photothèque, j’utilise Adobe Lightroom. L’intérêt de ce type de programme est d’une part, le traitement non destructif (l’original reste toujours intact), et d’autre part, le catalogage des photos. Il y a bien sûr bien d’autres intérêts à utiliser ce genre de soft mais là n’est pas le sujet. Le catalogage par le biais de mots clés, catégories, collections virtuelles, dossiers, libellés et j’en passe, sont indispensables pour exploiter au mieux une grosse photothèque. Si cela vous intéresse, ce sujet pour faire l’objet d’un article.

N°2 Mettre à jour ses données et les partager

Prospecter et produire des données, c’est bien, les partager en faveur de la communauté, c’est mieux !

En effet, depuis l’apparition de site collaboratif tel que Faune Aquitaine, les données remontées vers la communauté scientifique a tout simplement explosé. Cette masse de donnée permet de mieux connaître les espèces et la mutualisation des connaissances ne peut que contribuer à la sauvegarde des plus menacées d’entre elles. Le temps du carnet de note remplit d’observations inédites, perdu au fond d’un tiroir est révolu.

Certes, il n’est pas obligatoire de transmettre ses données par le biais du web. Il est toujours possible de partager ces informations par d’autres biais. L’utilisation d’internet a permis d’accélérer tout ça et a rendu accessible à beaucoup des outils scientifiques.

N°3 Préparer la saison suivante, combler des mailles

L’hiver est le bon moment pour faire chauffer Google Earth, Excel et son logiciel SIG préféré. La pluie et le froid seront un excellent prétexte pour rechercher les mailles vides de données. Il existe encore trop d’endroits où des espèces communes ne sont pas notées par défaut de prospection. Un bête croisement de données devrait vous donner rapidement les « trous » près de chez vous. Il ne restera plus qu’a y faire un saut au printemps pour combler quelques lacunes aisément. Votre coordinateur régional (SHF ou autre) devrait pouvoir sans doute vous donner un coup de main.

N°4 Récolter et poser des plaques

Trouver des plaques n’est pas toujours une mince affaire, autant en profiter quand on a un peu de temps. Déchetterie et carrière peuvent souvent convenir pour récupérer des plaques gratuitement. Trouver le bon endroit pour les poser et ne pas se les faire piquer en moins de deux est également un défi. La pose durant l’hiver permettra à ces nouveaux gîtes d’être actifs dès le printemps.

N°5 Aménager de abris artificiels

Si vous avez la chance de disposer d’un petit bout de terrain, pourquoi ne pas profiter de l’hiver pour favoriser l’herpétofaune ? Si vous n’avez pas de jardin, peut être que vous pouvez trouver votre bonheur aux alentours de chez vous. Poser des plaques, aménager un tas de bois, laisser un tas de compost près d’une haie, voici quelques idées rapides et faciles à mettre en place.

N°6 Creuser une mare

Corolaire du point précédent, creuser une mare sera le point culminant de vos occupations hivernales en faveur des amphibiens. Suivant votre terrain, ça vous coutera quelques sous et un peu d’huile de coude (voir beaucoup) mais le bonheur sera sans doute au rendez-vous au printemps.

N°7 Trouver une lampe pour la saison amphibien

Lampe à Led Jetbeam RRT2 Raptor

Lampe à Led Jetbeam RRT2 Raptor

Ahhh la grande question ! On nous pose souvent la question, particulièrement lors de sorties : « Mais qu’est ce que c’est que cette lampe ? »
Oui nos lampes arrachent, elles envoient du pâté même ! Nous ferons un article développé sur le sujet, ce matériel étant un peu confidentiel, du moins, pas toujours facile à trouver. En résumé, nous utilisons des lampes à LED. Elles ont pour avantages d’être très puissantes, compactes et peuvent bénéficier d’une autonomie excellente.

N°8 S’intéresser à l’herpétofaune mondiale et  préparer ses voyages

On en profite pour aller voir ce qui existe dans les autres pays ! Parce que c’est bien beau tout ça mais il nous manque un paquet d’espèces en France, et il faut avouer qu’il a de véritables joyaux dans le monde. Une fois qu’on a bien saliver, il ne reste plus qu’à préparer son prochain trip !

N°9 Revoir sa bibliographie

Remettre le nez dans les bouquins, lire ou relire au coin du feu, quoi de plus agréable ? Bon, ok, il faut une cheminée mais ça marche aussi avec une autre source d’énergie, c’est moins sympa certes. D’ailleurs, pourquoi ne pas chercher un moyen de classer tous ses livres et tirés à part numériquement ?

N°10 Sortir son télé-objectif et faire un peu d’ornitho

Faute de grives, on mange des merles. Si il y a bien une saison pour profiter des oiseaux, c’est bien l’hiver. Avouez que vous avez passer le reste de l’année le nez par terre ! Vous aussi vous avez peut être passé une semaine en Espagne sans voir un piaf, levez la tête bon dieu !

Tarins des aulnes, Carduelis spinus

Carduelis spinus, Tarins des aulnes


N°11 Travailler sa technique photo en studio

Quand je dis studio, je ne veux pas dire studio professionnel. Vous pouvez par exemple tester la macro, bien installer, au chaud, avec un éclairage au petits oignons et sans vent ! Bref, le pied !

C’est aussi le moment de comprendre parfaitement le fonctionnement de son flash (ou de son boitier), ça vous évitera de râler sur le terrain parce que ce dernier ne synchronise plus en mode sans fil sans raison.

N°12 Faire autre chose

C’est peut être l’un des points les plus importants de cet article. C’est une excellente occasion de faire autre chose que chercher des bestioles bizarres. De toute façon, 95% des gens autour de vous ne comprenne pas et ne comprendront surement jamais le plaisir que vous pouvez avoir à photographier un Crapaud calamite à 2h du matin à moitié couché dans la boue. Alors sortez, aller voir des amis, parlez d’autres choses que de plumes ou d’écailles, faites des enfants ou occupez-vous de votre nouveau-né (comprenne qui pourra) !

Enfin…

De votre coté, avez vous des astuces à partager ? N’hésitez pas à commenter et donner votre avis ici-même.

 

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3 Commentaires

  1. François 14 décembre 2012 at 9 h 48 min #

    un autre conseil : faites venir des herpétos des départements voisins, ça porte bonheur : nouvelles coches assurées !
    FR

  2. Matthieu Berroneau 15 décembre 2012 at 19 h 08 min #

    Ah ah !
    Les Esculape écrasées…

  3. bruno 24 janvier 2014 at 15 h 09 min #

    Cet article va surement aider plusieurs novices dans le domaine de l’herpétologie durant cet hiver ! bonne continuation

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