Test du Sony FE 100-400 mm f/4,5-5,6 GM OSS !

Après de longues années passées en compagnie d’un vieux et antique Sigma 400 apo macro, j’ai franchi le pas cet été avec l’achat du tout nouveau Sony FE 100-400 mm f/4,5-5,6 GM OSS, la première!* longue focale en monture FE de chez Sony !

Livré depuis le mois d’août, j’ai pris mon temps pour une prise en main approfondie de cet objectif. Surtout, j’ai profité de mon tout récent voyage au Costa Rica pour mettre l’objectif en condition réelle d’utilisation, et le pousser dans ses derniers retranchements ! De quoi se faire une idée définitive sur cette optique.

 * En attendant le futur FE 400 2.8, tout récemment annoncé par Sony…

Présentation :

Le Sony FE 100-400 mm f/4,5-5,6 GM OSS est un zoom avec une ouverture glissante, qui a l’avantage de contenir les dimensions de l’objectif, au détriment de l’ouverture. C’est dans cette gamme de focales et d’ouvertures, l’objectif le plus léger de sa catégorie. Je ne répéterai jamais assez à quel point cette caractéristique est importante pour moi. Attention, le gain n’est malgré tout pas énorme, et on sent que Sony a cherché le meilleur compromis entre poids / compacité et ouverture / qualité de construction.

Voici les différences – à titre de comparaison – avec quelques objectifs de gamme et ouverture équivalente :

Sony FE 100-400 GM Canon L 100-400ii Sony SAL 70-400 G II Nikon 80-400 VR
Dimensions 205 x 93,9 mm 193 x 94 mm 196 x 94,5 mm 203 x 96,5 mm
Poids 1,39 kg 1,59 kg 1,5 kg 1,57 kg
MAP mini 98 cm 98 cm 150 cm 175 cm
Stabilisation Boitier + Objectif Objectif Boitier Objectif

A noter : je n’ai pas ajouté, à ce tableau de comparaison, les focales fixes. Cela pourrait se justifier, mais au final, ces objectifs sont vraiment différents que ce soit dans leur fonctionnement, leur utilisation, ou leurs caractéristiques.

Nous nous apercevons donc que cet objectif est de la même taille que ses concurrents, avec un poids plus contenu (sans compter le boîtier, ici l’a7ii !), et surtout une mise au point minimale… incroyablement petite. Sur ce point, seul le Canon est capable de suivre.

Agrandissement maxi à 400 mm sur FF

Agrandissement maxi à 400 mm sur APSC ! Un vrai macro !

Voici quelques exemples de terrain. Si tant est que la mise au point est faite au bon endroit, la distance minimale est vraiment intéressante, même en FF.

Nid de guêpe – 400mm f8 1/500s 320iso

Vipère d’Orsini – 400mm f5.6 1/2000s 400iso

Lézard des murailles – 400mm f5.6 1/500s 640iso

Nouveau-né de Couleuvre verte et jaune – 400mm f5.6 1/320s 800iso

Prise en main, ergonomie :

Je ne suis pas un grand habitué des longues focales et des objectifs de cette dimension. On a beau être face à un objectif à la taille contenu, ça reste un objectif imposant et lourd ! On est ici dans la même catégorie qu’un 70-200 2.8 par exemple. Monté sur l’a7ii, l’ensemble reste toutefois bien équilibré, avec une tenue à deux mains, l’un sur le boîtier, l’autre sous le fût de l’objectif. Cette prise en main devrait être encore meilleure sur les a7rIII et a9, qui, si j’ai bien compris, présentent une poignée un peu plus épaisse pour accepter des batteries de plus grande taille.

La finition est topissime, l’objectif est tout métal, aucun jeu, il respire la solidité. Doté de nombreux joints anti-poussière anti-humidité, j’ai pu l’utiliser sans craintes dans les conditions dantesques du Costa Rica (saison humide oblige). J’ai quand même pris les précautions qu’il fallait dès que je le pouvais (ben oui il est tout neuf quand même !).

Je ne vais pas rentrer dans le détail des possibilités ergonomiques (réglages de la résistance du zoom, de la stabilisation, du range de mise au point, etc). Notons toutefois la présence d’un bouton personnalisable auquel nous pouvons, depuis le boitier, assigner une fonction. De mon côté, ce sera le switch AF/MF.

Performances et résultats :

Je ne suis pas un grand spécialiste des perfomances AF. J’ai surtout l’habitude de travailler sur des animaux plutôt calmes, sur lesquels j’aime peaufiner mes mises au point en manuel. Mes quelques tests mettent toutefois en évidence des mises au point très rapides, avec un AF qui accroche bien en mode large. En mode spot, on observe quelques pompages et quelques décrochés, que j’imagine moins nombreux avec un boîtier plus performant…

DIF (drône in flight) – 400 f7.1 1/500s 250iso

Vison d’Europe en approche – 400mm f5.6 1/160s 1600iso

Je me suis surtout intéressé aux performances optiques de cet objectif, et en tout premier lieu à la capacité d’obtenir des photos piqués en condition de terrain, tout en conservant un bokeh intéressant (souvent le point faible de ces zooms).

A gauche : Sony FE 100-400 GM, 256mm f5.6 1/60s 800iso – A droite : Sony FE 90 2.8 oss macro, f2.8 1/80s 400iso – deux clichés pour une comparaison sans prétention du bokeh des deux objectifs

Le terrain… deux semaines de test au Costa Rica :

Place, pour cela aux clichés, qui valent plus que les mots. Rappelons tout de même que DXO place cet objectif en tête devant l’ensemble des zooms de la gamme équivalente

Ponte d’Agalychnis callidryas – 400mm f5.6 1/250s 3200iso. On note aussi la montée plutôt propre de l’a7ii en iso !

400mm f5.6 1/500s 2000iso.

Nouvelle session bokeh avec le rare et majestueux Lachesis stenophrys. 224mm f5.6 1/200s – 800iso

400mm f5.6 1/125s – 800iso

Un paresseux… qui ne repousse pas l’AF dans ses retranchements ! 400mm f5.6 1/500s 1000iso.

Côte Guanacaste – 146 mm f5 1/5000s 400iso

Et gros crop de la photo précédente, le bruit commence à être bien visible.

Femelle de Ctenosaura similis – 400mm f5.6 1/320s 400iso

Vautours avec un énorme contre-jour. 400mm f5.6 1/640s 400iso

Et fort recadrage de la précédente photo. Les détails sont encore là malgré un gros travail de remontée des ombres… belle dynamique du capteur en passant !

400mm f5.6 1/60s 400iso… avec flash.

A la nuit tombante – 400mm f5.6 1/100s 800iso

Singe hurleur et de moins en moins de lumière ! – 400mm f5.6 1/160s 1600iso

Surprise, des dauphins (furtifs) ! – 400mm f5.6 1/800s iso100

Un peu d’AF sur les vifs colibris – 400mm f5.6 1/200s 800iso

Un autre, plus calme, prend la pose – 400mm f5.6 1/320s 400iso

Et la même photo fortement recadrée

Basiliscus vittatus- 400mm f5.6 1/640s 100iso

Bothriechis schlegelii – 400mm f5.6 1/60s 640iso

Jeune Ctenosaura similis – 400mm f5.6 1/500s 200iso

Conclusion :

Le Sony FE 100-400 GM est une belle réussite. Il est superbement construit, relativement compact et léger, et ses specs sont étonnantes, avec comme gros point fort ses qualités en proxi-photo. Son piqué est exceptionnel, et son bokeh me parait tout à fait correct.

Son seul défaut est probablement son prix. Cet objectif haut de gamme est cher, tout simplement.
Les autres défauts que je lui trouve son inhérents à tous les objectifs de ce type : les longues focales, malgré une stabilisation qui m’a semblé très efficace, demandent une montée en iso importante dès que la luminosité baisse, cela reste un objectif lourd et encombrant… Mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre !

Personnellement, je suis pleinement satisfait de cet achat, et le 100-400 intègre définitivement mon sac photo pour me suivre dans mes prochains périples !

Et une dernière chose : la bête est compatible avec le nouveau multiplicateur 1,4x qui est vraiment minuscule… apparemment pas de perte de qualité optique… Hâte d’essayer ça !

Retrouvez également cet article sur www.matthieu-berroneau.fr !

 

 

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